Aventures Californiennes...

De la France à la Californie, envie de partager avec vous, notre vie ici et nos découvertes culinaires...

31 janvier 2009

Milk...

Je parle rarement des films qui sortent aux US, car finalement ils se retrouvent bien souvent en même temps sur les écrans Européens. Pourtant, j’aimerais parler d’un film qui m’a relativement marquée et qui montre formidablement bien, un combat particulier que les Californiens ont mené dans les années 70, pour la liberté des hommes, et plus particulièrement pour le droit et la liberté des homosexuels de vivre normalement. Il s’agit de « Milk ».

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Milk est un film biographique qui raconte comment Harvey Milk, homosexuel d’une quarantaine d’années, a décidé de se lancer dans les années 70, dans un combat politique pour la liberté des homosexuels. Le film décrit les huit dernières années de sa vie à San Francisco, où il est venu s'installer en 70, pour ouvrir un magasin de photos le « Castro Camera » et faire de ce lieu un point de ralliement des militants gays de San Francisco.

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Le castro camera à San Francisco

Dans les années 70, les préjugés et la violence contre les homosexuels sont courants, notamment dans l’Est des US. Il est alors interdit de servir des boissons alcoolisées aux homosexuels et les descentes de police dans les bars suspectés d'être fréquentés par les homosexuels étaient monnaie courante. La discrimination des homosexuels sera à son apogée avec les émeutes de Stonewall à New York, le 27 Juin 1969. Là, 3 000 gays vont affronter, pendant trois jours, 400 policiers armés... La société Américaine, puritaine et chrétienne de l'époque, rejetait grandement les homosexuels, en les faisant bien souvent passer pour des malades ou des envoyés du diable…

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Les émeutes de Stonewall en 1969 à NY

C’est dans ce climat de haine, qu’Harvey Milk s’est lancé tête baissée dans la politique et lutter  ainsi  ouvertement contre la discrimination envers les gays et pour la reconnaissance de leurs droits de vivre normalement. Il s’est  présenté à quatre reprises à la mairie de San Francisco pour être finalement élu en 1977,  comme « Supervisor », sorte de conseiller municipal. Grâce à son talent d'orateur et de mobilisateur., il a su rallié à sa cause des gens de tout milieu.  Menacé de mort dès le début de sa vie publique, il se servira de sa propre insécurité, de celle des gays et même des autres minorités, pour répandre son message de tolérance et chercher à faire avancer l'Amérique.

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Très vite, il aura son pouvoir se répandra au delà de la ville de San Francisco et il pilotera l'offensive californienne contre un projet de loi autorisant la discrimination des professeurs homosexuels dans les écoles : La Proposition 6. Trois semaines après avoir remporté cette bataille, le 27 novembre 1978, Harvey Milk et le Maire de San Francisco, George Moscone, qui épaula le mouvement gay, sont assassinés dans la mairie par un conseiller homophobe : Dan White.

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Dan White fut condamné à seulement 7 ans de prison, ce qui déclencha dans la ville, et en particulier au sein de la communauté gay de San Francisco, de violentes émeutes connues sous le nom de « White Night Riots ». White ne purgea que 5 ans et fut libéré sur parole. Il se suicida le 21 octobre 1985.

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Harvey Milk, par son courage, ses qualités d'orateur, son humanité, a changé la vie des homosexuels qui ont pu enfin afficher leur différence sans être jugé, rejeté par leurs familles et souvent martyrisés... Sa victoire n'a pas été seulement une victoire pour les droits des homosexuels, mais aussi celle des droits à la liberté d'être. Si l'homosexualité est aujourd'hui relativement mieux acceptée par la société Américaine, elle ne donne pas encore partout les mêmes droits aux homosexuels. 30 ans après l'assassinat de Milk Harvey, ce film sonne en effet comme un écho, après l'approbation de la proposition 8 en novembre dernier en Californie. Une proposition qui refuse à nouveau d'accorder l'égalité des droits à tous leurs citoyens, et et tout particulièrement leur mariage...

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Dans ce fim de Gus Van San, Sean Penn est poignant de vérité, l'usage des archives  de l'époque est aussi particulièrement émouvant et  nous montre la lutte féroce que les homosexuels ont dû traverser au fil des années pour avoir un peu de respect. C'est un film très puissant, très humain... Le combat  humanitaire d'Harvey Milk vous reste longtemps dans la tête...

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Le film est sorti aux États-Unis en avant-première à San Francisco en octobre 2008, puis dans tous les États le 26 novembre 2008, la veille du trentième anniversaire de l'assassinat du maire de San Francisco, George Moscone et Harvey Milk. A la sortie du film, une proposition de loi a été faite en Californie pour que tous les 22 mai soit célébré le "Harvey Milk Day".... Immédiatement, les courants religieux et les partisans de la famille "stricte" se sont alors mobilisés fortement contre cette journée...qui n'aura pas de place dans le calendrier. Mais le principal, je crois c'est de souvenir de ses hommes qui donnent leur vie pour le bien-être des autres.

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Milk a récolté sans surprise 8 nominations pour les prochains Oscars, mais vu la sensibilité du sujet, seules peut-être les statuettes de meilleur acteur (Sean Penn) et de meilleurs seconds rôles (James Franco et Josh Brolin) pourraient être remportés. Un film à voir, un document très humain qui touche au plus important des besoins : celui de donner de l'espoir...

HOPE!

Le film sortira en France le 4 mars 2009

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20 janvier 2009

Obama Snapshot

...Pas besoin de vivre aux US pour être au courant...Mais peut-être n'êtes vous pas envahis d'emails de ce genre...Ici pour les Jeans Levi's...Pas mal non !

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Posté par valeried à 06:45 - Commentaires [11] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

12 janvier 2009

Almost Paradise...

Pour débuter cette nouvelle année 2009, un petit regard personnel sur les Américains et leur sacré optimisme…

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Crystal Cove - Newport Beach - January 2009

Je me dis souvent que j'habite un peu au paradis… : le climat, d’abord. Pour moi qui suis native de la Picardie, dans le Nord de la France, la Californie du sud est tout simplement un délice au quotidien. Un délice de se lever tous les matins et de découvrir un ciel d'un bleu profond, de profiter en Janvier de températures dépassant les 30°c, comme aujourd’hui, de se baigner quand l'envie nous vient, de porter des tee-shirt et des flip-flop et d'acheter toute l'année des petites robes décolettées... La vie ici ressemble souvent à des vacances, même en pleine période de crise... Oui, comme disait Aznavour, il semble que la misère est moins pénible au soleil…

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Bon, c'est vrai j'exagère, la misère dans l’Orange County est bien cachée… On pourrait même penser qu'il n'y a même pas de crise ici, tant on continue à doubler sur la route des voitures luxueuses, tant on voit toujours autant de maisons incroyables se construire sur les collines ou en bord de mer et dont les prix dépassent l’entendement, tant il se construit de centres commerciaux ressemblant plus à des hôtels de luxe... Bref, on pourrait croire que tout va bien...

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Pourtant l'on voit de plus en plus de panneaux de maisons à vendre, il n’est plus aussi facile de trouver un emploi et l'on apprend dans la presse locale que par exemple les magasins comme « Walmart » (réputés pour leurs bas prix) ont augmenté leur chiffre d'affaires, alors que tous les commerces sont en chute libre...Oui la crise mondiale touche aussi la Californie du sud, mais les Californiens continuent à afficher leur plus beau sourire et à être résolument optimistes…

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Pessimistes, nous ?

Pourtant, il y aurait mille et une raisons aussi de ne pas l'être, quoique l'on en dise, tout n’est pas aussi idyllique ici : la sécheresse persistante depuis 2006 qui occasionne d’années en années de plus en plus d’incendies dévastant des forêt et des maisons, l’approvisionnement en eau des villes devient un souci et des mesures sont à prendre, sans eau la Californie du Sud est un désert...

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...et puis il y a cette fameuse faille Andrea, cette épée de Damoclès au-dessus de nos têtes. Le "Big One" , comme on l'appelle, ce séisme de magnitude supérieure à 6,7 qui se produira dans les 30 prochaines années. Avant d'habiter ici, je me demandais comment l’on pouvait vivre tranquillement ici tout en sachant cela…et bien on vit avec, on n’y pense pas, juste on participe régulièrement à des exercices de préparation dans les école, dans les entreprises, et les magasins mettent régulièrement en tête de gondole les kits de survie

 

En Juillet dernier, alors que nous avions des amis français à la maison, nous avons ressenti avec eux, pour la première fois notre premier véritable tremblement de terre...5/4 sur l'échelle de Richter...Impression incroyable que la terre se soulevait et avançait sous nos pieds comme une vague... Remuant et terrifiant…Depuis d’autres tremblements ont eu lieu…et la vie continue.

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Cet optimisme au quotidien n’est d’ailleurs pas simplement lié au climat Californien, il est un état d’esprit typiquement Américain et il ne faut pas vivre longtemps ici pour le ressentir. Il y a ici, aux US, comme une aura incroyable qui vous entoure, une sensation de liberté qui vous fait penser que tout est possible et qui vous donne une énergie incroyable. Quand je lis les blogs des Français vivant ici, je lis toujours le même enthousiasme. J'ai rarement rencontré un étranger vivant aux US, souhaitant rentrer dans son pays, si ce n'est à cause de la langue ou de la famille. Oui ce pays vous transforme et vous fait croire en beaucoup de choses.

Barack Obama visits Nicolas Sarkozy in Paris, 25 July 2008.(Photo : Reuters)

Aux US, cet optimisme permet aux Américains de dépasser leur limite, de croire toujours dans la possibilité de réussir, même face à l’échec. Là où le Français dit « Pourquoi », l’Américain dira "Pourquoi pas"...

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High five!

Je me souviens avoir lu dans la presse une comparaison entre les français et les Américains, que je trouve tout à fait juste. Une maman Américaine dira à son fils qui part jouer au football : " Have fun, love you! " et la maman française dira  " Fais attention et ne te salis pas ! ". Si nos deux petits Français et Américains tombent, se font mal et reviennent vers leur maman en pleurant. L'Américaine dira : " Try again, you can do it ! " alors que la maman Française dira : " Il fallait s'y attendre ! Reste là maintenant ! " Très vite, l'enfant américain apprend à être indépendant et responsable de ses actes, alors que l'enfant Français fait l'apprentissage inverse. On lui suggère qu'en dehors du giron maternel, il n'y a pas de salut.

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L’élection d’Obama met bien en valeur cet optimisme de la volonté et cette façon de croire toujours en demain, d'accepter de s'être trompé… Les Américains veulent oublier les années Bush et mettent tous leurs espoirs aujourd'hui en Obama, même les Républicains... Suite à l'élection de Barack Obama, près de 75 % des Américains pensent que l'économie va s'améliorer.  Elu sur «l’audace de l’espoir», Obama et son «Yes we can!» insiste aujourd'hui sur le pouvoir des hommes pour «redonner à l'Amérique la place qu'elle se doit d'avoir".

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"Community service" pour tout le monde..

Le nouveau président met tout en oeuvre pour réanimer le meilleur de la tradition civique américaine, cette démocratie participative à l'américaine, qui s’appuie sur les capacités de chacun. Oui, ici on vous demande  via internet, de faire des donations à Obama et à son équipe. Oui, son épouse, quant à elle, vous envoie des emails pour vous encourager à participer et à mettre en place les fameuses "Community Service", du bénévolat. On peut s'étonner de ces sollicitations incessantes sur internet, qui vues d'Europe semblent malsaines. Pourtant ici, elles sont naturelles, l'Américain pense que son pays s'en sortira s'il paye de sa poche et de ses mains. Ici, on paye moins d'impôt, mais on choisit à qui l'on donne son argent et du coup on s'implique plus et l'on en tire une satisfaction bien plus grande et finalement un optimisme, un "Yes we can"…

Alors pour 2009, la France, l'Europe qui admire tant ce nouveau Président Américain, va-t-elle aussi accrocher un sourire, un optimisme à son quotidien, malgré la crise ?

Posté par valeried à 20:11 - Commentaires [32] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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