Ces derniers temps, il a fait chaud, trop chaud et l’on a avoisiné les 45° C, puis il a plu, trop plu, drôle d'automne dans une Californie du sud, où justement le climat n'est jamais trop chaud, jamais froid et toujours avec un ciel bleu...

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Mais je voulais vous parler d’autre chose, je voulais vous parler du Cotillion (Prononcez \kō-ˈtil-yən\) où Théo est allé dernièrement. Des cotillions qui n’ont rien à voir avec les serpentins et les confettis du nouvel an en France… 

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Le Cotillion made in USA, est une organisation vieille de cent ans qui enseigne les bonnes manières et les convenances sociales aux garçons et filles de 9 à 14 ans, lors d’un bal social, type bal des débutantes. En France, nous avons les guides du savoir-vivre de Nadine de Rothschild, ou tout simplement nos parents,  ici il y a les Cotillions. Le Cotillion est très présent dans le sud des Etats-Unis. 

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Si les Californiens sont très, très cools et très à l'aise socialement, ils manquent parfois de respect et de bonnes manières. Ils sont même parfois complétement sans gêne, ce qui est à vous est à eux… Parfois ça m’agace, mais en même temps, j’avoue aimer cette relation directe sans chichi, cette aisance sociale à dix mille lieux de notre réserve française. Par contre, les enfants, eux manquent sacrèment d'éducation. Si vous saviez le nombre de fois où je dois insister pour que les copains de mes enfants me disent « bonjour » en entrant dans la maison ou encore « merci ».

 

Il faut dire que les parents d'aujour'dhui, qui ont entre 30 et 40 ans, ont reçu une éducation permissives de la part de parents qui vivaient en pleine vague californienne hippie. Et donc aujourd’hui, cette génération de parents se retrouvent avec des enfants totalitaires et pas très respectueux de leurs parents…Ces trentenaires/quadragénaires californiens se disent qu’il serait peut-être temps de redonner quelques règles d'éducation à ces enfants rois… 

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Les Cotillions sont donc des lieux parfaits pour les parents qui veulent que l'on inculque à leurs chérubins des valeurs perdues (ou inconnues). Entrer dans un Cotillon n'est pas facile, il vous faut connaître quelqu'un pour y être invité. La plupart sont formés par des comités locaux qui maintiennent un équilibre entre garçons et filles. Pour ma part, j’ai reçu une invitation par le biais des parents d’élèves de l’école de mon fils.  Les cotillons ont lieu une fois par mois, huit à dix fois par an, dans un hôtel luxueux. Pour l’occasion, les filles doivent porter des gants blancs et une robe habillée, dont les épaules restent couvertes. Les garçons, quant à eux, portent un costume foncé, des chaussures foncées, une chemise et une cravate. Un cotillion dure environ trois heures. Un maître et une maîtresse de bal apprennent alors aux enfants à se présenter à l’autre, à se saluer, à se regarder dans les yeux, à inviter sa cavalière, à s’asseoir dans un fauteuil, à se rendre à un buffet, à servir sa compagne, à la débarrasser, à faire la conversation, à la remercier… et bien sûr à danser. Le prix de tout ça : 400 dollars pour 6 rencontres.

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Apprendre les règles du savoir-vivre peut paraître non seulement ringard mais surtout ennuyeux, mais pas du tout, n’oublions pas que nous sommes aux US et que donc tout doit être « fun »…

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Au fait, pourquoi appelle-t-on cela des Cotillions… Comme je l’ai dit, quand on m’a dit que ces lieux s’appelaient cotillion, j’ai un peu souri en pensant que les Américains utilisaient une fois encore maladroitement et par snobisme, un terme français. En fait, c’était moi l’inculte, puisque le sens premier de cotillion était le nom donné aux danses de salon au XVIIIe siècle en France. Et oui, le cotillion était une figure de contredanse à quatre ou à huit personnes qui marquait joyeusement la fin d'un bal privé. C’était à l’époque un moyen de se présenter à différents partenaires et de rencontrer l’élu de son cœur…

 

Si nous Français connaissons déjà parfaitement les bonnes manières, alors pourquoi y ai-je inscrit mon fils. En fait, je me suis rendue compte que ce qui était important dans ces groupes ce n’était pas tant ce que l’on y apprenait mais ceux avec qui on l'apprenait ; Il est important pour bien s’intégrer socialement dans la société américaine de participer à ces types de rassemblement communautaires et culturels ; je m’explique l’Américain est tout sauf individualiste, il a toujours besoin d’appartenir à un groupe, toujours besoin de faire des choses avec des pairs : à l’église, dans une équipe de sport, avec d’autres mamans, des bénévoles....

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Cette culture du groupe commence dans les petites classes où l’on se doit de participer à des activités sportives et culturelles ou tout simplement sociales. Le cotillion fait partie de ses organisations indispensables.

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Quand nous sommes arrivés, mon fils aîné Tristan avait 14 ans. Il est donc entré en « High school » et s’est mis à côtoyer des « teenagers » qui se connaissaient par le biais de groupes divers depuis leur plus tendre enfance : église, sport, boys and girls scouts, YMCA, Cotillons…  Il a donc été un peu difficile pour mon fils de comprendre le fonctionnement des relations sociales, et parfois même de s’intégrer … En plagiant Simone de Beauvoir, je dirais qu’on ne naît pas Américains, on le devient…

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Alors si j’ai inscrit Theo aux Cotillions, comme dans d'autres groupes, ce n’est pas toujours parce que je trouve ces groupes utiles, mais parce que je veux que mes enfants ne se sentent pas différents des autres. Une différence que je ressens, une différence que mon aîné ressent aussi parfois… Oui ce n’est pas facile d’immigrer, pas facile de s’épanouir ici sans  avoir le complexe de l’immigrant. Il faut réussir à apprendre à ses enfants la richesse d’avoir une double culture et de l'utiliser habilement ; Je fais partie de la première génération immigrante, l’intégration ne sera pas vraiment totale pour moi, à cause de la langue déjà mais aussi de la culture…mais pour mes deux derniers, déjà tellement américains, mon souci sera plutô de préserver leurs racines françaises… Tout un travail aussi !

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